La chanson-sparadrap
Son enquiquinante scie
Son enquiquinante scie
Un mot-between ici
Et loin, un trait sans union,
Un entrelecteur.
Garder le goût d’un rêve s’accomplissant, le repas déserté, les voix s’assourdissant, une robe suée, tunique de Déjanire qui se décolle, vos mains sur le carmin du lin, et nos regards contenant leur respiration.
Lèvres hérissées,
De poils embarbelées,
Qui halètent,
Bouche noyée,
Sur l’estoc
Lisse
Et clair,
D’un sabre
Dégainé.
Horizontaux
Et silencieux,
Muets
les mots,
Plane,
Une photo
Maigre
Qu’un doigt
Lisse,
Lisant
L’aveugle
D’une ronde-bosse
Ranime.
Rosir
Une joue
De papier.
Quatre lettres
En pot remisées,
Des dés secoués,
Qui sur le tapis
De mon jeu,
S’assemblent
Sur leur creux.
Nier
Rien
Où vont les mots
Qui se détachent,
Sèment-ils encore
De leurs lettres
Qui se décrochent
Un air que la chute
N’aura pas défiguré ?
Il va faire soleil
De pierre, sur l’air chaud
Paupière des volets.
Le ciel que rien ne
Désordonne aujourd’hui, ni
Vent, ni aile, le ciel.