« Tous les matins du monde », Weather Report

A janvier et son été, plumetis des oiseaux, le ciel s’est posé sur l’eau.

Jpeg
Les petits oiseaux, ivres, les moineaux. De tout, les boules de graines pendues aux arbrisseaux, du redoux qui trompe leur boussole, les petits oiseaux sont cigales, leur chant qui éclot à la première poussée de soleil, ils ne voient plus les corneilles, en mante de grand deuil, les corbeaux, la pompe funèbre de l’été.
Sur l’ingrain grumeleux et blanc du papier peint du salon, quelque chose de sautillant. Le néon scintillant d’un rayon lumineux, le soleil et son dessin au crayon dansant, le temps de l’écrire, un nuage passe. Et tout s’efface.
Contre les berges ce matin, après le vent.
Un ourlet épais, de fétus, de débris, de plumes, un foulque renversé.
L’étang, brassé sans trêve cette nuit, a roté ses cadavres, sa paille de roseau, ses fortunes de mer, qui restent là, le temps d’une accalmie, à borner de leurs amas éphémères, les contours brouillés de la pièce d’eau.

Entre la suture grise de deux nuages, l’hésitation, l’empressement de la pluie déjà, et son goutte à goutte, le soleil, non grata, en exil, aux confins du ciel, la lumière n’a rien à faire là.