Trois fois, rien
Des pas, un marcheur.
Je glisse, de singleton, à solitaire.
Son tee-shirt blanc s’éloigne, comme la voile d’un bateau.
Il disparaît.
Mon île se reconstitue.
Des pas, un marcheur.
Je glisse, de singleton, à solitaire.
Son tee-shirt blanc s’éloigne, comme la voile d’un bateau.
Il disparaît.
Mon île se reconstitue.
Si je voyais le monde, comme un batracien cavernicole, qui ne voit rien, les yeux n’auraient plus d’importance.
Avec le temps, ils finiraient par tomber.
Il me pousserait peut-être d’autre mains, que j’userais à lire.
Tous les brailles, toutes les rides.
Les creux, les épaisseurs, me parleraient.
Être touché.
Le doux, le chaud, qu’est-ce qui me dirait le beau.
Dedans, le triple vitrage, dehors.
Tic-tac, l’horloge, tac-tac, deux bâtons de marche.
Sur le carreau, la crotte d’un oiseau, la chiure, comme un chalazion sur une paupière, je regarde les sapins au travers, un prisme noir.
Je n’entends pas comme je vois.
Ailleurs ne figure sur aucune carte.
Programmer le GPS, refus d’obstacle, il ne comprend pas.
C’est un bout du monde, mieux, un bout de monde, une miette tombée par terre.
Ailleurs peut être partout.
Bien regarder par terre.
Autour de soi.
Le dé-paysement.
La langue étrangère d’un visage, du vent qui passe d’une autre manière dans les bois.
Heureusement, il y a le genre adidas, quand on hésite.
Un ange passe.
« Il fait toujours beau, ici »
« Mais oui, die Sonne brille »
« Lunettes de soleil ? »
« Non, le soleil scheint »
Lazzi.
Dalà, mon sabir, la reliure d’un dictionnaire qui n’existe qu’en une circonstance bien particulière, d’abord, se tenir icihier, hic, si tu préfères, et hic, c’est de l’autre coté de la frontière, wo die Tannen grün sind, verts si tu préfères, baragouiner, ni l’allemand, ni le français, une langue étrange et gémellaire, vois, Schaukelchaise pour rocking chair.
Puis tout s’écarquille, tout ce qui a des bras, le regard, la couronne des arbres, moi, et le soc du chasse-neige, sa lame double, qui ressemble au rostre d’un animal antédiluvien, à la plume de fer du stylo de Gulliver, la maison, je m’en approche, et le ciel se penche sur son toit, la cheminée est le premier barreau d’une échelle qui disparaît dans les nuages.
« Voilà ».
Si près du ciel.
La porte s’ouvrira.