L’échelle

Je pose une écuelle, dehors.
Bientôt, saunier du soleil, je viendrai recueillir, au fond de l’eau, un caillou d’or, mouvant, entre mes doigts, au gré des nuages, qui passent.
Près de mon oeil il volète, l’écu d’or, tonalité majeure du rai de lumière, qui s’enfonce dans un pli du voilage, un courant d’air, puis il s’immobilise.
Je bouge, et glisse mon front sous la tache blonde, j’enroule mon bras dans le rideau, sari, ceinture de passemanterie.
La maison est traversée, Sébastien, Sebastienne.
Aiguilles, le soleil, et le soir, mikados d’argent, on est si près de la lune, un rai de musique en sourdine, un point d’acupuncture, l’oreille, en sommeil.
De l’eau, brute.
Pas d’intercession, un cumulus est ici un nuage.
Elle est vive, le torrent coupant, ou captive, dans la cuisine, Wasserstein, et tout d’un bloc, un cube de savon gris, tout est rêche, tout est fait pour ressentir sa peau, la sortir de l’oubli.
Hier, rien.
Aujourd’hui, deux marcheurs.
Je suis une vache qui paît sur sa terrasse.
Le petit train passe.