Rengaine
J’écris, et je bégaie, toujours la même chanson.
Rien ne change, tout se décline, je n’échappe pas à mon écriture, chemin de servitude.
J’écris, et je bégaie, toujours la même chanson.
Rien ne change, tout se décline, je n’échappe pas à mon écriture, chemin de servitude.
L’écriture a son caractère, le mien est météorologique, la paresse de dire la laine, l’hiver, la facilité de la paillette, tout se dore, les peaux, les mots, les peaux des mots, saucisson, et vin rosé, carats de la pyrite, mon parasol, ailes de cigales, écrire à contre-saison, et se muer en Marthe, comme un outrage à la légèreté, voir les plaies des feuilles qui déjà se cornent.
Et soudain, ce qui d’ici, de la banquette de pierre, me semblait buisson de fleurs, se mit à bouillir, l’impression brouillée d’une image, dans une pièce d’eau, les boutons de fleurs, isocèles, un pli, une amorce d’origami, ouvrirent lentement leurs pétales, et se détachèrent, répondant à quelque mystérieux signal, défoliant le buisson, un nuage mouvant, couleurs sur le ciel d’un banc de papillons.