ce que vos yeux vairons

La rencontre, le chemin

Je suis à la surface, celle des choses, il faut être lourd de quoi, de quelles expériences, de quelle histoire, de quelles années, pour se laisser couler vers un intime humain, toucher plus loin, que la chair d’une phrase, toucher du doigt, un autre doigt, résister, ne l’inclure, comme un insecte, à la goutte d’ambre qui se fige là.

Illusion d’optique

Tout est question d’angle, de distribution de la lumière, un épais verre de mineur, café marron, sucre en ciment, sa taille diamant, et la cuillère de gros fer, ouvrir, baisser le volet, jeu de rideau, laisser le soleil faire, autour, sur la table, lettrines dansantes, attendre, un rayon sorti du prisme, Arcopal, arc-en-ciel, et le verre devient sulfure, cristal de Saint-Louis.

La rencontre

Je vous offrirais un arbre ? J’aimerais.
Lequel.
Un saule, un peuplier, attendez.
Demander à la forêt, au boqueteau, aux rives du marais.
Lequel d’entre eux, se donnera, bien avant que je ne le fasse.
Qui ? est un arbre.

Les empreintes

Infini tapis de soie fossile ramené d’Italie, le trésor d’une maison, l’été.
Terrazzo usé jusqu’à la corde, lessive des années à grande eau, sa lisse mais dure, mais douce, mes pieds le cherchent, ils ne me demandent pas.
Ils me mènent là, dans l’embrasure de la fenêtre, voir au loin la poussière de blé sur les champs, la balle qui vole, on moissonne, je ne vois rien d’autre que ce nuage en suspension, ni tracteur, ni rien, pas de bruit, et mes pieds, au frais, dans ce carré d’ombre, où le soleil jamais ne paraît.
Je marche sur un bout de voûte céleste effondrée, ciel étoilé, je godille, la marelle entre le quartz et le mica, fraîcheur de fontaine dans la maison, le calme.