ce que vos yeux vairons

Quatre presque

Je garde dans ma poche un papier blanc, plié à la façon des diamantaires.
Il n’y a rien, dedans, d’un trésor.
Je n’ai rien à perdre.

Trois presque

La nuit, sur un quai gris.
J’attends le rêve-fantôme.
Une nuit-Tinguely, une roue tourne, ting-geli-ting-geli.

Deux presque

Tumbleweed.
J’ai tapé « plantes qui roulent dans les westerns », dans le moteur de recherche.
En français, on dirait  » un virevoltant »
Je pourrais.
Mais je ne dis rien.
Film muet du rêve

Un presque

Pousser la porte du fond de l’abri sous roche, se laisser glisser le long de la crevasse, pariétales bleues, comme de la glace, qui naissent de l’obscurité, la porte du fond de la maison, qui bat, sur ses gonds, ailes de papillon, leur pâte de verre, rêve de lumignons, une pêche, dans le filet, des écailles du soleil.
Le désarroi gris du réveil.
Il n’y a plus rien sous les paupières, de la poussière sous le tapis.