Huit presque
Lointain jeu d’enfant, les yeux d’Icare.
Alors, voir s’avancer, sous le papier pelure des paupières, les tommettes brique d’un petit planétarium, où dansent mouches et soleils noirs.
Lointain jeu d’enfant, les yeux d’Icare.
Alors, voir s’avancer, sous le papier pelure des paupières, les tommettes brique d’un petit planétarium, où dansent mouches et soleils noirs.
Nébuleuse d’Orion, je tends mes bras-Hubble, j’en fais une boule de cristal, où circulent les brumes colorées d’une divination, j’attends que se lève le voile, le cliquetis ancestral des sequins d’or du foulard d’une gitane.
Un plafond, la tapisserie, un détail du médaillon, tout m’est nuage, l’ombre chinoise d’un bourdon, j’esquisse la savane dans la touffeur de l’après-midi, dans le lointain somnolent, un avion, Finch Hatton,
« Et tout le tintouin », dirait quelqu’un.
Fonte des neiges du Kilimandjaro.
Il y a un ciel, thé léger.
Une terre, brou de henné.
Une aube, sang rouillé, se lève.
En moi, la nuit est une serre, le rêve est son orangerie.