ce que vos yeux vairons

Mois : novembre, 2021

Spielhaus

Il s’assied,
Si grand,
Genoux au menton,
Parmi ses ficelles,
Son allure de momie
De Fils du Soleil,
Le marionnettiste,
Dans le castelet.
La grosse baie
D’un fruit bleu,
Le songe d’une orange,
Sa sphère,
Dans une main
Dans l’autre, le sceptre,
Le vent sur un cierge
Qui couche la mèche,
Jusque dans la cire
Et plonge le globe
Perplexe
Dans un succedané.
Nuit,
Cousue de fils blancs
(Demain, la pluie et le beau temps)

« Fauchelevent »

Laissant sa trace à
La surface, un V d’oiseau
Transparent, jet d’eau,
Patio andalou,
Puis, en baleine bleue, sombre,
Pousse son grand corps
Vers le plancher dans
L’ombre, où sont ses racines,
Un jardin de pierres,
Le calcaire de fleurs
Privées de lumière, corail,
Les os de ses pères

Tour de guet

Les doigts passés
Dans les anneaux
Des ciseaux
De septembre
Furent ses bois
De justice,
Mais bourreaux,
À demi.
Parmi les débris,
Le corps de chauffe
D’un foyer à l’arrêt,
Un point pers point,
Un brin hors les décombres bruns
Du pot
Le germe,
Plus que l’idée
D’une fleur,
La carène d’un bateau,
Sa voile en corolle,
Calicot lancé
Depuis sa haute tige,
L’amaryllis,
Dans le nid-de-pie

Tilde l’espiègle

Il n’y aurait pas
De poésie ce matin,
Faute de brouillard
Percevoir~percevoile~Perceval

Dimanche

En eaux de Boudin

Derrière les carreaux, la mer
Au blanc d’Espagne
Dévalent au cordeau
Les rangs d’orangers, parfum
Amer, et crème,
Des fleurs jetées en dragée
Contre la fenêtre,
La bruine hausse le ton,
La pluie
Fonte des neiges
De la rêverie

Lecture

Une arche, puis deux en
Marche. Entre leurs piles, bleuté,
Point d’eau, juvénile

Soleil à la suie

Ce que voit un chat
Sur les toits, aux alentours
De 17h03,

Oeil d’or, poisson saur

Like a Mogwaï

La goutte en écho
D’un mot qui fait déborder
La phrase du vase

Carte au trésor

Ouvrir le champ à
La lumière. La maison, noir,
Et le réverbère

Notre mer

Oblitérées par
Les suies de la nuit, les caves.
Bocaux aux baies noires