« Il faut mourir, afin de vivre »
Il faut mourir de
Son vivant, pour vivre
J’écoute le chant,
Pour la première fois,
Les larmes de quoi,
L’absoute, et l’encens
Il faut mourir de
Son vivant, pour vivre
J’écoute le chant,
Pour la première fois,
Les larmes de quoi,
L’absoute, et l’encens
Ils étaient Bernard
Ernest, Gabriel. Nul ne
L’épelait ainsi
Chant choral, 30/04/2021
Glissando, truite
Soyeuse dans le torrent,
Vive, le cuivre
Qui, pour s’asseoir à
Votre chevet, une main fraîche
Posée sur le front
Ossies to
Wessies, ashes
To ashes
Pauvre pays,
Käthe K.,
Rue des Faisans,
On dirait une chanson,
Qui ne rime à rien,
Ses fusains,
Du noir de fumée,
Blanc.
Voyage au pays des bocaux, des mots longs comme des phylactères médiévaux, et mystérieux, Stachelbeeren, Johannisbeeren, une bouteille, ventrue, comme une cornue, un liquide jaune, une liqueur, je cherche l’athanor, je reconnais l’écriture de l’alchimiste, sur les petits pots de confiture, je referme l’armoire, ses deux vantaux, repliés comme des ailes, un retable.
Je suis ailleurs.
Tout me le dit.
Le vieux pêcheur, qui ne pêche pas.
Il observe le vol d’un rapace, son ombre par dessus les champs.
« Eine Weihe! Bou-zarde ! », et son geste ample, un éventail qu’il ouvre vers le ciel.
Il fait l’effort, alors j’approche.
Mon approche, de quel genre, Adler ?
« Adler ? »
Hum, il hoche la tête.
« Kleiner », et il rapetisse l’oiseau, l’aigle fond, son envergure s’ajuste, et le bou-zarde se fait busard.
« Ah,jo »
Les aiguilles gothiques du hochdeutsch s’arrondissent.
« Du rädscht platt ? »
Je hoche la tête.
Tout ce qu’il me dit alors, dans notre langue, les sept sources, les écrevisses, il fait le geste, il claque des doigts, comme on claque des pinces, le temps passe, l’étang est rond, une table ronde, il n’y a pas de frontière, « Bis bald ! », nous sommes dans le cercle.
Le vent, les oiseaux,
Le vent les oiseaux tissu
De leurs voix. Si j’ose.
La nuit se dévêt,
Son aube noire à ses pieds,
La prêtresse est nue.
Devant la maison,
S’est arrêté le printemps,
On frappe à la porte.