Nuit
Matricielle. Mère de
Toutes les nuits, abreuve la
Peur, de son lait noir
Matricielle. Mère de
Toutes les nuits, abreuve la
Peur, de son lait noir
La cale, sans mot dire,
Kitège, se laisse recouvrir,
Le temps d’une marée.
Hier la nuit,
La charrette
A grincé
Pour Ernestine.
Prénom précieux.
Une citrine,
Une pierre de lune.
Garde funèbre,
L’ Ankou a hélé.
Roulement de tambour,
Les fenêtres
Calfeutrées
Sur les ténèbres.
Les vivants
Tremblés
Autour de l’âtre.
Elle n’a pas
Cillé
Au moment
De tendre
La main
A la main
Tendue
Et de s’enfoncer
Avec elle
Vers des chemins
Désormais
D’elles seules
Reconnus.
La nuit il me pousse
Un lait lourd et noir comme un
Sang au bout des doigts.
Au fond du trou, pour
Eux, elle s’est endormie sur
L’aile. Leur sentinelle.
Fuite en avant,
Lâcheté,
Frilosité,
Cultiver son jardin,
Garder ses moutons,
S’extraire du maelstrom
Tutoyer la poussière
Et son chiffon,
Vouloir être un pion.