L’ison du saule, et du peuplier, le long de l’eau, que le vent froisse, et presse, jusqu’au jus du chant, une feuille tombe, jaune, et la modulation change.
Je jette, fontaine de Trevi, dans le courant, le dé de deux cailloux, l’un, vert-luminescent, comme cette pâte qui marquait chaque douzième des réveils, dans le temps, l’autre, de ce rose foncé, jus d’orange sanguine pressé.
Tous les jours, deux cailloux, je verse la montagne dans le torrent.
Il descend, rouge, comme le gros nez d’un clown, le soleil sur la mer, et il sème jusqu’à moi, sur le clapotis, un caillebotis mouvant, lattes d’eau, fauve, orangée, je lève un pied, la marelle, pas japonais jusqu’à l’horizon, un, deux, trois, croire, et ne pas couler.
Le haut-fourneau a eu sa saison, temps du ressac, la chaleur rentre dans ses terres, son terrier de septembre, sur l’estran, des corps secs, et friables, souviens-toi, à la toute fin, la voix mélancolique du conteur, de la poudre d’os, Quasimodo enlaçant Esmeralda.
Lire, in petto, la tête, caisse de résonance, un oud, une kora, bam, bam, du sang, un rugissement, tambours du Bronx.
À parts égales, stalagmite, stalactite, l’arbre.
Ses concrétions à ciel ouvert.
La forêt verte est une grotte.
C’est un arbre remarquable.
Un arbre à adjectif, la prairie est son enclos.
Un taon mord la tranche de ma paume, la cerise d’une grosse goutte de sang, devant moi, des insectes rapides, leurs trajectoires rectilignes d’aéronefs futuristes du « Cinquième élément », qui ne tiennent compte de rien, juste ma main, un obstacle à sucer, jusqu’à la mort, mon autre main écrase la mouche accrochée à la plaie, à ma gauche, en montant, à droite, en descendant, le torrent cascatelle, le bruit d’une baignoire qui se remplit, y plonger le poinçon, oh, l’eau, premier baume.