Laissez-moi dormir,
Mes chers fantômes,
Je m’éreinte à vous épaissir,
Et vous vous faites
Parfois si lourds
Sous mes doigts.
Laissez-moi dormir,
Mes chers fantômes,
Je m’éreinte à vous épaissir,
Et vous vous faites
Parfois si lourds
Sous mes doigts.
Fleurs de pierre
Je te dis vous,
Vous qui n’êtes
A peine
Qu’une photographie,
Noir, blanc,
Sévère,
Passeport
Du royaume
D’Italie.
Vous avez
Dressé
Contre
L’oubli
Croix
Et calvaires,
Au creux
Du vieux
Cimetière.
Je ne vous connais pas
Giovanni,
Massimo
Malgarini.
Mais je les reconnais
Entre toutes,
Vos pierres
Levées,
Aiguilles légères
Ecorchant
A peine
Le front
Gris
Du ciel.
A mon arrière-grand-père,
Tailleur de pierre.
Aux oreilles
Des petites
Filles,
Il suspend,
En balanciers
Délicats,
L’incarnat
De ses cédilles.