Le sel
Sable gris poudrant
Et mie bise et doigts tendant
L’offrande du pain.
Sable gris poudrant
Et mie bise et doigts tendant
L’offrande du pain.
Recèle en son coeur
Orages de pierre et lave qui
Coule incandescente.
Comme un voile tendu,
Il surligne la paupière
Lourde de sommeil.
Lisse et pâle, son eau
Azur s’offre à l’oiseau las,
Cristalline et pure.
Les monarques
Drapent
Le ciel,
Constellent
Les nuages
De leurs ocelles,
Soie
De leurs ailes,
Pétales
Papillonnant
Dans le soir,
Essaim
Tournoyant,
Soulignant
D’un courant
D’air
Le contour
Brouillé
Du soleil
Couchant.
Petite musique de nuit
Esquisse d’un pas de
Pavane, lyre d’un vers à lire
En ces heures persanes.
Garder tout
Toujours.
Lignes jaunies,
Pages écornées,
Gens enfuis
Que l’on a aimés.
Outre-Rhin,
Le jour s’est tu,
Un matin de juin,
Quand le soc
De la lame
Sur votre nuque
S’est abattu.
Marcel S.
29-06-1943
Ma mémoire errante
Comme chat huant divague,
Entre chien et loup.