Figaro
L’hiver, son rasoir
Qui saigne les joues, les doigts,
Barbier roide de froid.
L’hiver, son rasoir
Qui saigne les joues, les doigts,
Barbier roide de froid.
Fichant
Ses serres
Dans le sang
Du grès,
La chimère
S’élance
Du pinacle,
Ange repoussé
Vomissant
Ses eaux
Amères,
Arc-boutée
Pauvre démente,
A l’échine
Dolente
Du grand
Vaisseau
De pierre.
Grogne-à-tout,
Pinailleur,
Coiffeur
Minutieux
Vous coupant
Les cheveux
Plutôt
En quatre
Qu’en deux,
Pont Gillois
Jeté
Sur mes merzlotas,
Mes Bérézina
Les plus folles.
Petit solitaire
Prétentieux
Un jour
Deviendra
Grand.
Un imbécile heureux
Robinson, sur son île,
Tourne en rond,
Rate les sorties
D’autoroute
Avec une conscience
Métronomique.
Hèle les cargos,
Les jonques,
Les caïques,
Mais le cabotage
N’est pas de mise
Sous les Tropiques.
« Nous voilà repartis pour deux ans de vacances, mon bon Vendredi »
« Tout cela est bien triste » fit sentencieux, son philosophe compagnon.
« Ne crache pas dans la soupe, tu as le doigt dans le pot de confiture. »
Le grelot
Régulier
Et doux
D’une chaînette
Qui pendeloque
A votre cou,
Egrène
Temps court,
Temps long,
La scansion
De votre sommeil,
Mesurant,
Implacable,
Le déroulé
Interminable
De la veille,
Qui me jette
Comme malfrat,
Dans les bras
Blêmes
D’un autre
Matin
Froid.
Le rouge-gorge
En vareuse garance,
Un petit piou-piou picore
Biscuits, pain de guerre.
« Sous les toits de Paris… »
Un petit moineau,
Aile ébréchée, un Poulbot,
Sifflote crânement.
Grume
Ronde
Et blanche
Qui se
Tend
En billot,
Là s’appuie
La badine
Ecorcée
D’une branche.
La petite nef
Se nimbe
Comme mariée
De la moire
A l’estompe
D’une lumière
D’été
Et accroche
A sa robe
De cendal
En manière
De dentelles
Les estampes
Rouges,
Noires,
Des derniers
Rayons
Du soleil.
L’agrafe
De fer
De ses doigts
Sur le verre
De ses poignets.
Croire
Qu’il ne lâchera
Pas.