ce que vos yeux vairons

Mois : décembre, 2014

Confessionnal

Dieu

En vieillissant

A la vue

Qui baisse.

On a tous

Nos petites

Faiblesses.

Ni ressac, ni Aronnax

J’ai ouvert

Ma fenêtre

Sur le puisard

De la nuit,

J’ai entendu

Le vent,

La pluie,

Et j’ai attendu

La mer.

Puit noir

Tituber

Sur le rebord

De la nuit,

Le jour

N’est qu’une

Nuit

Plus blanche

Qui s’invite

A mes effondrements.

Laissez-moi dormir,

Mes chers fantômes,

Je m’éreinte à vous épaissir,

Et vous vous faites

Parfois si lourds

Sous mes doigts.

In nome di sua maesta Vittorio Emanuele III, per grazia di Dio e per volonta della nazione re d’Italia, imperatore d’Etiopia

Fleurs de pierre

Je te dis vous,
Vous qui n’êtes
A peine
Qu’une photographie,
Noir, blanc,
Sévère,
Passeport
Du royaume
D’Italie.
Vous avez
Dressé
Contre
L’oubli
Croix
Et calvaires,
Au creux
Du vieux
Cimetière.
Je ne vous connais pas
Giovanni,
Massimo
Malgarini.
Mais je les reconnais
Entre toutes,
Vos pierres
Levées,
Aiguilles légères
Ecorchant
A peine
Le front
Gris
Du ciel.

A mon arrière-grand-père,
Tailleur de pierre.

Le temps des cerises

Aux oreilles

Des petites

Filles,

Il suspend,

En balanciers

Délicats,

L’incarnat

De ses cédilles.

Traduire l’été, du bist bei mir

Le seul

Printemps

Que j’aime

Conjuguer

Au présent.

Les mains

Du soleil

Haut

Posé

Sur la peau

De mon visage.

Peau

D’Indien

Qui rougeoie.

Brûlot

Lancé

A

La face

De l’hiver.

Camera obscura

Lumière

En deuil

Sur le seuil

De l’hiver.

Cortège

Lent et

Noir

Des nuages,

Barrant de

Leurs brassards

Le masque

Mortuaire

Du soleil.

Antiphonaire, à C-J Demollière

Bestiaire,

Mots défunts,

Abécédaire

Qui exhume

Gnossiennes,

Pavanes grégoriennes,

Palimpsestes

Et incunables,

Litanies anciennes

Codex oubliés,

Vocabulaire chuchoté.

Suivre

La voix

D’un maître.

Cassiel

Quand le fiel

Se repend,

Miel se fait

Et se répand.