Confessionnal
Dieu
En vieillissant
A la vue
Qui baisse.
On a tous
Nos petites
Faiblesses.
Dieu
En vieillissant
A la vue
Qui baisse.
On a tous
Nos petites
Faiblesses.
J’ai ouvert
Ma fenêtre
Sur le puisard
De la nuit,
J’ai entendu
Le vent,
La pluie,
Et j’ai attendu
La mer.
Tituber
Sur le rebord
De la nuit,
Le jour
N’est qu’une
Nuit
Plus blanche
Qui s’invite
A mes effondrements.
Laissez-moi dormir,
Mes chers fantômes,
Je m’éreinte à vous épaissir,
Et vous vous faites
Parfois si lourds
Sous mes doigts.
Fleurs de pierre
Je te dis vous,
Vous qui n’êtes
A peine
Qu’une photographie,
Noir, blanc,
Sévère,
Passeport
Du royaume
D’Italie.
Vous avez
Dressé
Contre
L’oubli
Croix
Et calvaires,
Au creux
Du vieux
Cimetière.
Je ne vous connais pas
Giovanni,
Massimo
Malgarini.
Mais je les reconnais
Entre toutes,
Vos pierres
Levées,
Aiguilles légères
Ecorchant
A peine
Le front
Gris
Du ciel.
A mon arrière-grand-père,
Tailleur de pierre.
Aux oreilles
Des petites
Filles,
Il suspend,
En balanciers
Délicats,
L’incarnat
De ses cédilles.
Le seul
Printemps
Que j’aime
Conjuguer
Au présent.
Les mains
Du soleil
Haut
Posé
Sur la peau
De mon visage.
Peau
D’Indien
Qui rougeoie.
Brûlot
Lancé
A
La face
De l’hiver.
Lumière
En deuil
Sur le seuil
De l’hiver.
Cortège
Lent et
Noir
Des nuages,
Barrant de
Leurs brassards
Le masque
Mortuaire
Du soleil.
Bestiaire,
Mots défunts,
Abécédaire
Qui exhume
Gnossiennes,
Pavanes grégoriennes,
Palimpsestes
Et incunables,
Litanies anciennes
Codex oubliés,
Vocabulaire chuchoté.
Suivre
La voix
D’un maître.
Quand le fiel
Se repend,
Miel se fait
Et se répand.