I’m dreaming of home
Au fond de sa poche, les perles tièdes sous ses doigts gercés. Le collier d’une courte trêve. Elle le posa sur l’établi sale. L’huile de vidange commença lentement à carier les grains de nacre.
Au fond de sa poche, les perles tièdes sous ses doigts gercés. Le collier d’une courte trêve. Elle le posa sur l’établi sale. L’huile de vidange commença lentement à carier les grains de nacre.
Un trait
Léger
De plume
Deux zigzags
Un rond
A dresser
Contre
L’enclume.
NON
Bix Beiderbecke
I’m coming Virginia
Le hangar se referma sur elle comme comme la porte d’un tombeau que l’on scelle. Elle attendit le silence et le froid. Que les sueurs se dissipent. Qu’il ne soit plus là. Alors elle huma, les huiles, le métal encore chaud, les chiffons graisseux. Elle s’étourdit comme d’autres s’enivrent de Jicky. Elle était chez elle, elle le savait. Mais elle avança comme une voleuse. Elle profanait. S’il le savait… Elle marcha doucement comme une garde-malade entre les carlingues au repos. Au fond de l’atelier, elle vit le Morane à la lutte sur la même ligne que son Stampe. Deux carcasses silencieuses. Ebréchées. Une aile de sa libellule pendouillait un peu.
Désarçonné,
En bras
De chemise,
L’hiver
Hier encore,
La mine
Patibulaire,
Joue,
Maladroit,
Les jeunes
Premiers.
Il tombe
Son masque
Austère,
Second
Couteau
Surpris
Par la claque
Qui
Applaudit
Un pauvre
Hère
Que le printemps
De novembre
Enfin
Embellit.
Combien de fois, vieux messieurs alignés droits dans la travée des veufs et des délaissés, seuls comme des pierres, silencieusement voûtés sur votre potage, la Mutte a-t-elle sonné votre passage, votre garde-à-vous digne devant vos oeufs mimosa ? Je devinais vos regards dans mon dos, les mots que vous auriez aimé dire et qui ont glissé sur le dossier de la chaise qui vous faisait face. J’ai retenu mon babil, ai mangé mon fruit en silence.
Le premier d’entre vous s’est levé, fragile, les joues piquées du rouge du verre de pinot gris siroté.
« Au revoir! » a-t-il flûté au serveur affairé.
« A dimanche prochain, Monsieur …. » Son nom s’est perdu dans le brouhaha des familles attablées.
Il reviendra au prochain dimanche, et au suivant. Sa table sera mise pour un. Et une ombre du passé.
Avant
De
Fondre
Dans
Les eaux
Troublées
De l’étang,
Le petit
Caillou
Trace
Son sillon
En cernes
D’eau,
Qui
Font
Chanter
Le chalumeau
Des roseaux,
Se froissant
Sur la rive.
Les doux
Repentirs
De l’été,
Qui se grime
En un hiver
Léger,
Dont
Le brouillard
Est buée,
Et les nuées
De corbeaux
Qui pointillent
Les nuages
Ne font
Pas encore
Entendre
Leurs croches
Rauques
Sur les jardins
Attiédis.
Au soir
Hier,
La lumière
De la fin
Du jour
S’est
Fondue
Comme
En buvard
Au noir
Forcissant
De la nuit.
A filetta
Passionne
Ghmerto
Leurs voix
En fuseau
Qui
Entrelacent
La soie
De leur
Fil,
Dont
Elles
Jouent
De noeuds
En tresses,
Balancier
Lent
De
L’ornement
Qui
Pendule
De l’autre
A
L’une,
Comme
Le ballon
Que
Les enfants
Sans cesse
Se passent.
Jusqu’à
La chute.
A la coda.