ce que vos yeux vairons

Mois : décembre, 2015

Vous faire mentir

 

Wing waves

La vacuité de ses jours, lourds de son seul ennui. Elle guettait en  vigie la bascule des restes du jour dans la nuit et l’érosion de la lumière. Elle avait besoin de noir. Elle se remémorait et convoquait ses fantômes. Sans lui, son monde s’était étréci. L’étrange faculté d’Hédda de se rouler en boule comme une rose de Jéricho et d’attendre la rosée. Max lui était consubstantiel. Elle goûtait le poids de sa croix, aussi lourde qu’une fin de nuit, Max échoué sur son flanc droit.

Rhésus positif

Les blessures,

Le sang

De l’écriture,

Son alphabet,

Le serpent

Des cicatrices.

Au présent du passé

Déboussolé

Mon compas

N’en croit pas

Son aiguille,

Qui pointe

Au nord,

Au sombre

De son froid,

A son hiver

Qui déserte

Et répand

En place

Du frimas,

Du printemps

La douceur

De l’air,

Et les airs

Etonnés

Des oiseaux

Pépiant,

Ainsi qu’en été,

Dans les ramures

Dénudées.

La panseuse

Gaze sale

Du passé

Qui endeuille

Les souvenirs

Et pose sur eux

Son crêpe sombre

De veuve.

L’école buissonnière

Nous sommes

En nuit

Et j’entends

Des oiseaux

Chanter.

Les jours

S’amenuisent

Maintenant,

Et l’hiver

Présente

Ses excuses

A l’été

Qui ne s’est

Pas enfui.

 

Dixit Tulsi

Avec le temps, sa misère grandit. Elle fut bientôt haute comme un petit enfant. Six ans de silence, le prix du bannissement. Elle apprit à vivre, les yeux cloués au sol. Elle essaya de se défaire de son souvenir comme on se débarrasse d’un cadavre. Elle le coula sans le lester. Et attendit qu’il remonte à la surface. Vint le jour. Elle se mit à lui écrire, obstinée, comme on écrit au Père Noël, sans laisser d’adresse.L’une de ses bouteilles lancées en l’air finirait bien par l’atteindre. Le ciel était encombré de ses quilles de verre.

Vue du radiateur

Les moucherons de

Laine en vol désordonné,

Neige de poussière.

https://youtu.be/sNeKwOyMftc