ce que vos yeux vairons

Mois : février, 2016

Matrice

J’ai aux pieds

Des souliers de glaise,

J’attends l’inattendu,

Comme un voyageur

Scrutant le rail,

Un train qui ne

Viendra plus.

Tomber le scaphandre

Comme on tombe

La veste.

Se tenir nu sur le quai,

Comme un nouvellement né,

Au prix du mépris,

De la raillerie,

Entrer en résonance

Avec soi.

La tentation du balai

Fuite en avant,

Lâcheté,

Frilosité,

Cultiver son jardin,

Garder ses moutons,

S’extraire du maelstrom

Tutoyer la poussière

Et son chiffon,

Vouloir être un pion.

Mortitude

Le sable de ma vie,

Inexorable, file grain

A grain de son rocher

Friable à sa gravière.

A l’heure où je peine

A le contenir, il s’insinue

Entre mes doigts serrés.

Je sais le temps passé

A la peau rêche qu’il y

A laissé, ponce impitoyable.

Peau douce de la jeunesse.

Parchemin de la vieillesse,

Je prie que le temps s’abolisse.