ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2016

Instantanés

Horizontaux
Et silencieux,
Muets
les mots,
Plane,
Une photo
Maigre
Qu’un doigt
Lisse,
Lisant
L’aveugle
D’une ronde-bosse
Ranime.
Rosir
Une joue
De papier.

Anagramme

Quatre lettres
En pot remisées,
Des dés secoués,
Qui sur le tapis
De mon jeu,
S’assemblent
Sur leur creux.
Nier
Rien

Fourrière

Où vont les mots
Qui se détachent,
Sèment-ils encore
De leurs lettres
Qui se décrochent
Un air que la chute
N’aura pas défiguré ?

Contenir les feux

Il va faire soleil
De pierre, sur l’air chaud
Paupière des volets.

Huile

Le ciel que rien ne
Désordonne aujourd’hui, ni
Vent, ni aile, le ciel.

A. de Palissy

L’âtre
Où je
Jette
Mes insensées
Bûches
De papier,
Mes feuilles
De plancher,
Mes murs
Noircis
De lés,
Tout
Ce qui a
Bu
Mes encres,
Le gras
De mon crayon,
Je jette
Sans relâche,
Jusqu’à la corne
De mes doigts,
Pour ne pas
Que vous vous
Eteigniez.

Vos iris

Les miettes,
A la fin
Du repas,
Le passé
Qu’une main
Qui se distrait
Sur la toile
Cirée
Cueille,
Entre le verre
Et la cigarette
Posée,
Quatre photos,
Votre regard
Qui se disperse,
Penché.
Sauf une,
Mais la vitre
L’a voilé.

Gemme au jardin

Scarabée
Moiré
Vert-bleu,
Précieux
Réticule
Glissé
Comme un anneau
Sur le doigt
Fragile
D’une renoncule.

« O captain ! My captain ! »

Sous ma peau affleurent
Les marques d’un coup au coeur,
Mes bleus nénuphars.

S’encourber

Un trait sinueux,
Une ligne qui va en rond,
S’écarter des droites.