La Rêveuse
Un voilier resté
Au quai amarré, son port
Au conditionnel.
Un voilier resté
Au quai amarré, son port
Au conditionnel.
Incendire, les mots
Consument ma mémoire, mon
Flambeau brûle encore.
Corné, sans marque
Page, un livre orné,
Lire un bas relief.
En haut
Equilibre
Sur la pointe
D’une baguette
De jonc,
Le bol
Tourne
Et jongle,
Danse
De faïence,
Mon pot,
Kaolin
De mots,
Se brise
En silence,
Et s’éparpille
A mes pieds.
Les mots, ces hérauts
Auxquels je m’attache bien plus
Qu’à ceux qui les portent.
-Ton chien aboie, tu l’entends, Max ? dit Irène. Max tourna la tête, et ne dit rien. Le silence, lorsque le chien se tut.
-Elle parle ?
-Elle répond. Elle est née disciplinée, un bon petit soldat. Mais non, elle ne dit rien… Parfois le chien, pour ne pas parler de toi. Elle passe ses journées près du bras mort, sur le ponton. René lui a installé la vieille chaise. Elle a acheté un calepin. Elle rentre aux repas. Certains soirs pas. Elle est loin de nous.
Le visage de Max. Les yeux d’Irène le traversaient comme un miroir sans tain. Il était loin quand il prononça « Sais-tu ce qu’elle a commis ? ».
Il n’entendit pas Irène. « Sais-tu ce qu’elle a franchi ? Tu flétris les gens, Max, tu t’es condamné. Avec elle ».
N’est que chimie, trop
De ceci, déséquilibre
Et trou d’acide.
Rêver des quatre saisons de l’été. Regarder les oiseaux voler.
Au concert du silence, j’ai ajouté ma voix.
L’absence du chant, lèvres célant,
Paupières d’une bouchée fermée
Sur l’ison doux
D’un passé
Que vous fîtes
Néant.