ce que vos yeux vairons

Mon frère en mes bras

Hedda n’a que le droit

Sur ses genoux, un pot de carbonate de magnésium, de la farine à agripper, lorsqu’il faudrait souder la main gauche aux instruments. Elle comptait un peu sur elle, mais pas trop. Une servante quand les crampes tordraient son avant-bras, le leader, le donneur d’ordre. Quand l’acide lactique rétifierait ses muscles jusqu’au bois.
Elle espérait alors déjà être loin. Et haut.

Pour une fois, une lettre

Cher frère,
Je vous garde vivant, la trace d’une fougère en un grain d’ambre. Je vous inclus dans ma lettre, vous ne la lirez pas, je ne l’enverrai pas. Nous sommes des enfants de l’air et du vent, nos routes gémellaires, nos retours en arrière, nos déviations. Nous sommes des sillons courbes, l’éponge de nos passions, des infidèles rattrapés.
Nous nous disons peu, mais je crois que nous nous aimons, heurtés et maladroits.
Philippe, mon frère, sentez tout ce que je ne vous dis. Je suis loin, mais je suis là.
Votre soeur