ce que vos yeux vairons

Mois : juillet, 2016

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Hedda à la lessive. Les larmes coulaient. Son long patin d’acier filait sur les nuages. Les forces en présence s’annulaient. Mais elle reculait devant le point d’équilibre.

S’agglomérer

Ses dangereux va et vient entre elle et eux, Irène et René, à peine une soeur, elle ne parlait que le silence. Elle encaissait, elle était riche, une taulière du vide. Dehors, le bruit monotone d’une hélice emporta le « Crève » qu’elle lança. Elle haranguait le ciel.

La traversée de la nuit

Le silence, comme un jeûne dont Hedda attendait la rupture. Elle attendait avec la patience d’une bête abandonnée le retour de son maître. Lorsqu’elle eut fini d’attendre, elle amorça un large virage sur l’aile et retourna vers son passé.

Tempelhof

Denk an dich, Bruder, Weberwiese ist nicht weit weg, Pariserplatz blühen noch immer die Linden, denk an dich, mach’s gut !

Stratégies des contournements

Vouloir ce qui ne se pouvait pas, la pluie quand il faisait beau temps. Et inversement, l’esprit d’escalier. On lui avait mis un bâton dans les bras, alors elle le dressait, comme un cheval boiteux. « Tu danseras sur trois pattes, mon percheron, je ferai de toi un demi-sang, tu verras ». Hedda obstinément, Tantale et Sysiphe tout à la fois. « Regarde, Max, non ne regarde pas, décolle toi de moi »

Still water

Jusque aux cieux, nos
Larmes, les pieds de Dieu que touchent
Leur eau, et leur sel.

Vole !

Pâte lourde du levain
Ne veut se laisser crever
A la première bulle.

Mon frère en mes bras

Hedda n’a que le droit

Sur ses genoux, un pot de carbonate de magnésium, de la farine à agripper, lorsqu’il faudrait souder la main gauche aux instruments. Elle comptait un peu sur elle, mais pas trop. Une servante quand les crampes tordraient son avant-bras, le leader, le donneur d’ordre. Quand l’acide lactique rétifierait ses muscles jusqu’au bois.
Elle espérait alors déjà être loin. Et haut.