ce que vos yeux vairons

Mois : juillet, 2016

Pour seul roi

La table,
Un pain refroidi,
Des mets gras.
Le pauvre
Ne viendra pas.

Fission

A la jointure
De juin,
Et d’un hiver
Qui ne s’était
Pas encore
Avancé,
L’ensemencement
Des feux,
Ses noirs,
Ses bleus.

Salle de bal

Danse un sentiment,
Ne laisserait que poudre
Noire en sédiment.

Anti mort

Ses phrases sans verbe, son doigt pour montrer le ciel, son adverbe dressé. Ses adjectifs, pas un pronom, une moitié de prénom, un vieil enfant gris et seul, marcheur en lisière, gilet jaune, gilet sale que les phares des voitures ne réfléchiront plus. Ses pas se sont tus sur une dernière promenade, Antoine enfin redevenu. Il n’y aura pas l’encens d’un chant de requiem pour toi; a-t-on chanté à ton baptême, petit enfant ?
Anti parti. Antoine n’est plus là.

Un fruit

Le chant, une lettre que l’on ne lit qu’une fois.

Moisson

Rien ne sert de quémander, si l’on ne veut me donner, prendre sans y être invité, et dire merci pour se faire pardonner.

Kiosque

Un scintillement
Un jour, un grain lumineux,
Fanfare de juillet.

Ecriturer

Faire un trou dans le
Papier, s’écoulent les mots
En lent sablier.

Trappeur

La cabane au fond
De moi, je ne la bâtis
Pas, elle seule s’écrit.