ce que vos yeux vairons

Mois : août, 2016

Extraballe

Max était parti en claquant la porte sur le coeur d’Hedda. Il n’avait pas respecté les termes du contrat. Quand on part, le coeur, la tête. Il n’avait pas fini le boulot. Sa vie était devenue grise comme les limbes. Une décalcomanie.

Sans réservoir de secours

Hedda était devenue le majordome de ses souvenirs. Elle faisait régulièrement l’argenterie, comme d’autres révisaient le moteur de leur voiture. Tout était en état de marche. Une discipline quotidienne, la voix, les inflexions, tout était encore là. Elle vivait sur ses réserves.

1+1

Taciturne, hargneux quand il le fallait, un canon de mocheté. Le compagnon idéal, aucun effort de conversation. Mieux, il ne rechignait pas à prendre l’avion, un OPL au poil. Hedda et Satan, ça a collé au premier coup d’oeil.

Black sabbath

Satan tendit sa tête pelée. Une oreille poinçonnée comme un ticket de métro, un oeil crevé, l’autre, jaune, posé comme une pièce de vingt centimes sur le haut de son museau.
Tout à fait le chat qu’il lui fallait. Un rescapé. Une teigne. La meilleure des sales bêtes. De celle qui vous adopte et qui vous colle à son service.
Hedda flatta la tête de l’animal. Un coup de patte lui rappela la règle. Pas d’attendrissement entre eux.

La salle des pas perdus

S’ensevelir dans la nuit, comme au plus sombre d’un terrier. Taire le jour, ordonner le silence aux souvenirs. Frotter son coeur jusqu’au sang, pour en enlever les taches. S’arracher Max de la peau. Hedda dormit enfin.