ce que vos yeux vairons

Summer time

Hedda était née à l’ombre d’un soleil solitaire, au fin fond du mois de juillet. Ses anniversaires oubliés par la diaspora d’une famille s’égaillant aux quatre coins des plages atlantiques, ses gâteaux réduits à la portion congrue et la bouteille de champagne trop grande pour eux quatre. Elle prit goût à cet alcool de grandes vacances, à ces douces ivresses de petite fille. Elle était une enfant de l’école buissonnière, du temps qui retenait sa respiration avant la plongée vers l’automne, ses cartables lourds sur l’épaule et ses tristes blouses grises. Son tableau de juillet était d’une ardoise bleue.

Ondée

Hedda bassina ses pieds dans l’herbe froide du matin. Par une porte poussée coulaient sur le jardin de minces rus qui charriaient les sons, les odeurs, les clartés étouffées du grand salon. Hedda attendit la pluie, et que cessât la rumeur. Le jour gagnait sur sa nuit.