ce que vos yeux vairons

Mois : octobre, 2016

Intrusion

Le Blenheim emplissait de toute sa carcasse le petit hangar. René et Max étaient à son chevet. Un grand vieillard maintenant silencieux. Hedda hésita. Ne s’approcha pas des deux hommes qui se penchaient sur les rouilles en pelade de la tôle. Elle retint son souffle. Elle n’aurait pas eu besoin. Le hangar grondait. Le vent s’était levé avec le jour et dispersait le murmure des voix sur les parois qui vibraient de tout leur acier.

Un maître-chanteur

Oh, le joli jour que voilà.
Ils ont fait d’un prince un roi.

METAR à lire

Une fille de l’air, par vent de travers. Se poser ici.

S’assumer

Un parachute s’est
Détaché du pissenlit,
Il va s’aissaimer.

Vol de papier

Un Pilot au bout
Des doigts, carlingue à carreaux,
Sur les toits du ciel.

Hier

Max étendit le bras. Ses doigts se fermèrent sur un rien d’air froid. Rien ne vint à leur rencontre. Un souvenir transparent, un instant sur le voile tiède de son haleine, comme sur le drap blanc d’un vieux cinéma.

Skywalker

Et si là haut me
Suffisait le seul halo
D’un ciel qui s’éteint.

État des lieux

« Elle est fidèle à sa blessure. Elle n’autorise personne à la consoler. Tu sais, elle est avec nous. Mais elle est avec toi, son regard nous traverse. Quand il y a du soleil, elle se met à ton ombre »
Max ne dit ni ne fit rien. Comme Hedda.

Question

« Que vis-tu là bas ? » demanda le roi à son fou
« Je ne vis rien quand je ne te vois pas » répondit le fou à son roi

Ici bas

« Ici rien n’est grand », dit René, « Elle se cogne aux murs, aux arbres, aux rives de l’étang. Emmène la sur les bords de la mer, Max. Laisse la entrer dans ton ciel, Hedda ne prend pas beaucoup de place »