Sainte Barbe 1944
Une libération
Une libération
L’air vibrait.
Suspension des souffles.
Des yeux qui se jaugeaient.
Et les mots vaches.
Les phrases lancées comme des haches.
Là où la chair était tendre.
Là où cela ferait mal.
Les mâchoires de Max.
Des os, des rasoirs qui craquaient.
« Eh bien, vas-y ! Vas-y ! »
Et il la poussa.
« Mais vas-y ! Montre ce que tu sais faire ! »
Un pas en arrière.
Hedda.
« Tu fais moins la fière, hein ? »
« Tu sais ce qui t’attend là haut ? »
« Qu’est-ce que tu crois ? Que tu vaux mieux que nous ? »
« Crashe-toi ! Et bon débarras ! »
Avant que la main ne parte, et ne trouve sa joue.
Hedda recula encore d’un pas.
Patines du lichen
Sur les rochers, vert-de-gris
Aux lèvres d’une pierre.
Un mot
Poids-plume
Léger comme
Un cheveu
S’est posé
Sur l’encrier.
Y tremper
Sa plume
Et tracer
Les contours
De cinq
Lettres.
Le désordre
D’un crime.
Ma préférence
Va à l’ordre
D’un merci.