ce que vos yeux vairons

L’Alfa

« Il y a un mois. »

« Tu n’étais pas là »

« Victor et elle ont eu un accident. Ils ont pris la petite route par la forêt »

« C’était après l’entraînement. On les attendait, Irène et moi » dit René

« La route était grasse, un verglas d’été »

« Hedda a été projetée dans le pare-brise »

« Pas foutue de mettre sa ceinture. Et l’autre, là, il conduit comme il vole. Un vrai manche… » cracha Max

« Hedda avait mis sa ceinture » dit René

« Tu ne me demandes pas comment elle va ? »

Vigiles

La lande, qu’accable

Le rauque des corbeaux, leur chant

Au jour qui s’éteint.

Arborescence

La fougère déroule

Sa crosse, son monde de feuilles

Et ses multiples.

Marée

J’entends les oiseaux

De terre, sans le bruit des vagues

Sans leur grondement.

La nuit, le ciel

Bleu de chauffe troué,

Des étincelles ont laissé

S’écrire une empreinte.