Hier, le quatre décembre
L’autoroute.
La montée du col de Saverne.
Là où la vitesse est limitée.
Monter.
Plus lentement.
L’Iso Grifo
Allait toujours trop vite.
Ouvrir grand les yeux.
Les fermer.
Compter jusqu’à trois.
Le clocher avait déjà disparu.
Un, deux, trois.
La forêt l’avait déjà avalé.
Une autre fois, peut-être.
Rouler moins vite.
Pour le garder encore.
Au bout des yeux.
La table était dressée pour deux et un chat.
Elle fut dressée tôt.
Pourquoi attendre.
Qui attendre.
Le chat.
Il ne lui devait rien.
C’était un chat.
Pas de manière avec lui.
Un chat, c’est nonchalant.
Ça ne se préoccupe que de soi, de la soie de ses moustaches.
C’est tout.
Juste indifférent.
A peine cruel.
Il ne ronronne pas pour rompre le silence.
Il ronronne parce qu’il n’a plus faim.
Hedda n’avait plus faim non plus.
Comme le chat.
L’ heure était passée depuis longtemps.
L’ heure d’enlever la robe, les chaussures qui faisaient mal.
La vacation était passée.
Silence radio.