ce que vos yeux vairons

Décibels

« Tu viens ou tu restes ? » Satan ne pipa mot. Elle versa de l’eau dans sa coupelle.

« Tu gardes la maison ».

Elle prit la direction de l’aéroport. Elle allait boire du bruit. Noyer son ennui.

Derrière la verrière, elle regarda les avions silencieux.

Puis sortit sur la terrasse. On la connaissait. On la laissa faire.

Un cargo en son envol.

Elle était Quasimodo.

Elle avait besoin du fracas de sa cloche.

S’assourdir jusqu’à ne plus rien entendre.

Jusqu’à ne plus rien attendre.

Lorsque ses tympans furent pleins d’un pus de bruit, elle retourna à la voiture.

Et rentra.

Le chat était toujours là.

 

 

 

De quelle race

Suis-je ?

De celle qui ploie

Le genou devant

Un oriflamme

Et son sang,

De celle

Qui courbe

La nuque

Devant le croc

D’un boucher,

De celle

Qui couche

Sa tête

Sous le soc

D’une lame.

Samson

Suis né,

De la race

D’un géant ?

Je n’ai rien usé,

Ni mon courage,

Ni ma foi.

Je ne sais rien.

Je ne suis pas

Né d’hier.

Naître

Aujourd’hui

Et se demander

Qui du lâche

Ou du courage

L’aurait

Emporté.