Dunkel
Des hautes forêts
De sapins obscurs, rien ne
Sourd. Sauf le silence.
Des hautes forêts
De sapins obscurs, rien ne
Sourd. Sauf le silence.
A la pêche d’hommes en
Peine, un capitaine, un père
Sans fils. Leur repaire.
Sa mie bise. Et rêche. Un feutre. Ses points lisses que des doigts et leurs gerçures avaient cardés. Les grains de blé, les torsades usées qui éraillent la peau, les rondes-bosses du tricot, comme des échardes plantées. La laine mouillée qui a retenu l’eau et le givre là haut quand le cuir des vestes trempées s’alourdissent. Le col roide comme une minerve. Hedda passa son cilice. Rien d’autre que le froid. L’odeur de la graisse. Et son suint.
La nuit. Ses hachures,
Les blancs jouent contre les noirs,
Pointillé de l’échiquier.
Choisir comme une
Parure la solitude et
L’orgueil, mon diamant.
Pelotes de plumes et
Echeveaux de soie brune piaillent,
S’envole le millet.
Cuillère. Sur sa tige
La feuille de sucre se détache.
Eau noire du café.
Cristaux marron qu’un
Doigt sonde et lie au fond
De la tasse. Remous.
Marc en tourbillon
Cartomancie du petit
Déjeuner. Oracle.
Engrenage des doigts
Sur le chapelet, tic-tac des
Boules de buis qui prient.
Laisser les pas me
Dicter leur loi, ils disent
La douleur mieux que
Je ne saurais le
Faire, marcher, un mot, un pas
Chanson d’une scansion.