Inversion de la poussée
Lire l’invisible.
Croire au braille d’un aveugle
Là. Au bout des doigts.
Lire l’invisible.
Croire au braille d’un aveugle
Là. Au bout des doigts.
Le froid, un bouillon gras. Contre la nuit, il n’y a pas de remède. Les doigts gourds contre le bol, la fenêtre ouverte. Entrent les bruits, et regarder le ciel, sa peau noire que zébrait le knout d’une caravelle. Les dessins d’une blessure qui ne saignait pas.
Deux hommes murmurant
Quand je les ai frôlés sur
La place du Shtetl.
Sur le bord du chemin,
Ballant dans le vent,
Un carton gris et blanc.
Un carton de plumes,
Une aile, un gréement
Que soulève la brise.
L’oiseau, lui
Ne peut plus.
Un poinçon rouge-gris
Qui troue un quartier de pomme.
Rebord de fenêtre.
Là, au sommet du
Grand taxaudier, un garçon,
Un pas de côté.
Son visage, son tronc,
Son visage, son tronc, ses pieds.
Ses yeux. Et sa voix.
Chevaux ahanant.
Un corps se rompt, dispersé.
Une rose des vents
Drossées, bréchet à
Dos, les ailes cassées, les mouettes
Froissées dans le vent.
Les ailes du bateau
Comme un papillon posé
Sur l’eau, herbe en mer.