ce que vos yeux vairons

Mois : décembre, 2016

Inversion de la poussée

Lire l’invisible.

Croire au braille d’un aveugle

Là. Au bout des doigts.

Les craies

Le froid, un bouillon gras. Contre la nuit, il n’y a pas de remède. Les doigts gourds contre le bol, la fenêtre ouverte. Entrent les bruits, et regarder le ciel, sa peau noire que zébrait le knout d’une caravelle. Les dessins d’une blessure qui ne saignait pas.

 

 

Sei gesund

Deux hommes murmurant

Quand je les ai frôlés sur

La place du Shtetl.

 

Harfang

Sur le bord du chemin,

Ballant dans le vent,

Un carton gris et blanc.

Un carton de plumes,

Une aile, un gréement

Que soulève la brise.

L’oiseau, lui

Ne peut plus.

 

 

Le rouge-gorge

Un poinçon rouge-gris

Qui troue un quartier de pomme.

Rebord de fenêtre.

Ici

Là, au sommet du

Grand taxaudier, un garçon,

Un pas de côté.

A place, a tree

Son visage, son tronc,

Son visage, son tronc, ses pieds.

Ses yeux. Et sa voix.

 

Écartelé

Chevaux ahanant.

Un corps se rompt, dispersé.

Une rose des vents

Fastnet

Drossées, bréchet à

Dos, les ailes cassées, les mouettes

Froissées dans le vent.

Préau

Les ailes du bateau

Comme un papillon posé

Sur l’eau, herbe en mer.