ce que vos yeux vairons

Mois : décembre, 2016

Clémentine

La peler d’un seul

Tenant, comme une main que

L’on déganterait.

La vallée

Sur les crêtes, des phares

De grès, et leurs lanternes

Mortes. Plaine en sang noir.

Gerçures

Un broyat de verre

Pilé dans les doigts, attendre.

Le sang va couler.

Pourquoi m’avez-vous clouée à votre sol ?

Ecoute

Quoi faire pour arracher cette tunique de Déjanire qui la rongeait comme une lèpre.

Tout.

Elle avait tout tenté.

Comment faire pour oublier.

Elle avait tenté toutes les ascèses, toutes les lobotomies.

Rien.

Max était un poison lent.

Un poison plus violent que tous ceux qu’elle avait ingurgités, pour faire taire sa brûlure.

« Crève »

« Ou je crève »

Olive, 100 dBs

Du haut moyen-âge

A maintenant, hic et nunc,

Je suis là. Là. Là.

Mathilde

Mathilde,

Longtemps après que vous vous êtes effondrée sur le trottoir d’une contre-allée, j’écoute une chanson.

On y entend des ballons s’envoler, rien ne les retient.

Rien ne pourrait les retenir.

On y parle de roses blanches.

Comme celle que vous avez conservée au creux d’un portefeuille.

Une fleur de papier.

Celle que vous avez troquée envers et contre vous.

Il aura suffi d’une épine.

Vos yeux écarquillés lorsqu’elle vous a piquée jusqu’au sang.

L’ison

Le jubé des voix,

Posé entre là

Et les vivants,

Le répons des pierres,

Et l’ombre s’éclaire,

Le souffle passe

Comme

Une haleine

Sur un cierge.

 

 

Tancarville

Sous un soleil las,

Un arbre gris étend là

Son linge de feuilles.

25 ans après

C’était une plage.

Le sable était froid.

La mer était froide.

On ne s’y baignait pas.

Elle portait un tout petit manteau jaune.

Et un pantalon fleuri.

La photo aurait été en couleur, on y aurait vu un poussin dans une prairie.

Elle jouait.

Un seau, du sable.

A l’ombre d’un grand cube de béton.

L’ombre l’emportait.

Une ombre venue de loin.

Un matin de juin.

Un matin froid.

Presque l’été.