Clémentine
La peler d’un seul
Tenant, comme une main que
L’on déganterait.
La peler d’un seul
Tenant, comme une main que
L’on déganterait.
Sur les crêtes, des phares
De grès, et leurs lanternes
Mortes. Plaine en sang noir.
Un broyat de verre
Pilé dans les doigts, attendre.
Le sang va couler.
Pourquoi m’avez-vous clouée à votre sol ?
Quoi faire pour arracher cette tunique de Déjanire qui la rongeait comme une lèpre.
Tout.
Elle avait tout tenté.
Comment faire pour oublier.
Elle avait tenté toutes les ascèses, toutes les lobotomies.
Rien.
Max était un poison lent.
Un poison plus violent que tous ceux qu’elle avait ingurgités, pour faire taire sa brûlure.
« Crève »
« Ou je crève »
Du haut moyen-âge
A maintenant, hic et nunc,
Je suis là. Là. Là.
Mathilde,
Longtemps après que vous vous êtes effondrée sur le trottoir d’une contre-allée, j’écoute une chanson.
On y entend des ballons s’envoler, rien ne les retient.
Rien ne pourrait les retenir.
On y parle de roses blanches.
Comme celle que vous avez conservée au creux d’un portefeuille.
Une fleur de papier.
Celle que vous avez troquée envers et contre vous.
Il aura suffi d’une épine.
Vos yeux écarquillés lorsqu’elle vous a piquée jusqu’au sang.
Le jubé des voix,
Posé entre là
Et les vivants,
Le répons des pierres,
Et l’ombre s’éclaire,
Le souffle passe
Comme
Une haleine
Sur un cierge.
Sous un soleil las,
Un arbre gris étend là
Son linge de feuilles.
C’était une plage.
Le sable était froid.
La mer était froide.
On ne s’y baignait pas.
Elle portait un tout petit manteau jaune.
Et un pantalon fleuri.
La photo aurait été en couleur, on y aurait vu un poussin dans une prairie.
Elle jouait.
Un seau, du sable.
A l’ombre d’un grand cube de béton.
L’ombre l’emportait.
Une ombre venue de loin.
Un matin de juin.
Un matin froid.
Presque l’été.