Schlachtfeld
Panser les morts
Et l’effroi
De nos flétrissures.
Pensez. Les morts
Et la fièvre
De leurs blessures.
Panser les morts
Et l’effroi
De nos flétrissures.
Pensez. Les morts
Et la fièvre
De leurs blessures.
« Tu viens ou tu restes ? » Satan ne pipa mot. Elle versa de l’eau dans sa coupelle.
« Tu gardes la maison ».
Elle prit la direction de l’aéroport. Elle allait boire du bruit. Noyer son ennui.
Derrière la verrière, elle regarda les avions silencieux.
Puis sortit sur la terrasse. On la connaissait. On la laissa faire.
Un cargo en son envol.
Elle était Quasimodo.
Elle avait besoin du fracas de sa cloche.
S’assourdir jusqu’à ne plus rien entendre.
Jusqu’à ne plus rien attendre.
Lorsque ses tympans furent pleins d’un pus de bruit, elle retourna à la voiture.
Et rentra.
Le chat était toujours là.
Suis-je ?
De celle qui ploie
Le genou devant
Un oriflamme
Et son sang,
De celle
Qui courbe
La nuque
Devant le croc
D’un boucher,
De celle
Qui couche
Sa tête
Sous le soc
D’une lame.
Samson
Suis né,
De la race
D’un géant ?
Je n’ai rien usé,
Ni mon courage,
Ni ma foi.
Je ne sais rien.
Je ne suis pas
Né d’hier.
Naître
Aujourd’hui
Et se demander
Qui du lâche
Ou du courage
L’aurait
Emporté.
L’autoroute.
La montée du col de Saverne.
Là où la vitesse est limitée.
Monter.
Plus lentement.
L’Iso Grifo
Allait toujours trop vite.
Ouvrir grand les yeux.
Les fermer.
Compter jusqu’à trois.
Le clocher avait déjà disparu.
Un, deux, trois.
La forêt l’avait déjà avalé.
Une autre fois, peut-être.
Rouler moins vite.
Pour le garder encore.
Au bout des yeux.
La table était dressée pour deux et un chat.
Elle fut dressée tôt.
Pourquoi attendre.
Qui attendre.
Le chat.
Il ne lui devait rien.
C’était un chat.
Pas de manière avec lui.
Un chat, c’est nonchalant.
Ça ne se préoccupe que de soi, de la soie de ses moustaches.
C’est tout.
Juste indifférent.
A peine cruel.
Il ne ronronne pas pour rompre le silence.
Il ronronne parce qu’il n’a plus faim.
Hedda n’avait plus faim non plus.
Comme le chat.
L’ heure était passée depuis longtemps.
L’ heure d’enlever la robe, les chaussures qui faisaient mal.
La vacation était passée.
Silence radio.
Le Snark est revenu de son voyage un 28 juillet.
Y lire un signe.
L’appel de Londres.
Comme un appel du 18 juin.
Etre fort comme un Sénan.
Y aller à la rame.
Son visage pascuan
La pierre de sa chair.Née d’un
Désert. Amarna.
Hans et Peter et
Rosa. Leurs voix d’outre-rien.
Le noir. Les forêts.
Juste une barquette.
Au fond, un peu de sang.
Un morceau de chair lavée.
Maquillage de prostituée.
Une vitrine.
Sankt Pauli.
Un morceau de port.
Un film transparent.
Avec dessus.
Le prix à payer.