ce que vos yeux vairons

Jet lag

Les retours.
La voiture, arrêtée avant le gravier et ses crissements.
Les pieds sur le plancher, nus, qui retenaient leur souffle.
Les gonds trop huilés.
Pour ne pas grincer.
Pour laisser la nuit endormie aller jusqu’au jour.
Sans en rompre le cours.
Et le matin, savoir, avant de le voir, qu’il était là.
Trouver sur la table, les journaux éparpillés.
Nouvelles déjà passées.
Venues de pays improbables.
Kiosques du bout du monde.
Curitiba
Petrolina
Manaus
Le marchand de journaux.
Au coin d’une rue lointaine.
A mille et un fuseaux horaires de la maison.
Et voir le Monde, sur la pile posé.
Il était rentré.

Un fait, une fête

Une voix.
Ni petite.
Ni grande.
Qui prend
A peine
Trop de place.
Juste
Ce qu’il faut.
L’écouter dire.
La vie, et ses morts.
La pluie, et le gros temps.
Une voix.
L’écouter chanter.
Son cristal.
Son Laude.
A l’aube venant.
Je vous salue, voix pleine de la grâce de tous vos fruits.
Les pourris
Ne sont pas
Les moins jolis.