ce que vos yeux vairons

Rémus

Le fauve arrivait
Toujours à la même heure, quand
Le soleil se couche.

Elle lui présentait
Sur sa main en coupe un sein.
Une mise en bouche.

Perfusion

Je suis un animal
Qui vient boire
A la nuit
Son eau.
Pas une mare
Mais un puit.
Je suis un animal
Et j’ai appris
A remonter
Le seau.
Et il y a
Un homme
Qui me nourrit.
Tout est bon
Et j’aime
Avoir faim.
Je suis un animal,
Mais il me parle
Et j’écoute
Quand il pèle
Comme une orange
Un quartier
De musique,
Sa lecture coupée
En tranche.
Et tous les jours
Je me rassasie.
Et j’attends
Demain.
J’aime avoir faim.