ce que vos yeux vairons

Mon destin de dieu. Lare, demi…

Payé à rien faire,
Un saint qui a réussi
A chasser son Père.

Mon destin d’oiseau la nuit

Ne pas voler pour
Ne pas faire de bruit, partir
Sur la pointe des pieds.

Mon destin de réunion de famille, repas de communion, enterrement, etc…

Coup de gong. Début
Des hostilités. Et tous
Les coups sont permis.

Mon destin de biscotte ramollie

La dégradation
D’un biscuit ravalé au
Rang de pain de mie.

Mon destin de robinet qui goutte

Il a poussé dans
Le lavabo une horloge
Qui bat la seconde.

Mon destin de trognon de pomme

Brunir sur un coin
De bureau comme à la plage,
Biafine. Tippex.

Mon destin de livre de La Pléiade

Une vestale qui baille
Aux corneilles, des pages que nul
Ne corne. Ilutile.

Mon destin de bonbon au fond de la poche

Petit caillou de
Menthe qui fond sous les doigts, c’est
La poisse. Une bêtise.

Mon destin de ticket de train

Une fois, deux fois, trois
Fois, enfin me retourner
Pour me composter.

Mon destin de crayon Ikéa

Mine de rien, remplir
Les trousses des enfants, c’est
Toujours ça de pris.