ce que vos yeux vairons

Mois : février, 2017

Mon destin de vermicelle chinois

Boire mon bouillon,
Pendu au cou d’un ravi
Ravioli. Kampaï.

Mon destin de carte IGN

Deviser avec
Les varices d’une jambe.
Entre vieilles routardes.

Mon destin de rognure de taille-crayon

Une main habile, de
Moi ferait une longue
Dentelle de bois.

Mon destin de calendrier de l’année passée

Cartonné, je peux
Espérer finir en sous
Main. Portrait d’un chat.

Mon destin d’écaille de poisson

Laisser un poisson
Nu, semer son vêtement
Nacré dans l’évier.

Mon destin de verre d’eau

Pyrex ou cruche en
Saint Louis, quand ça tombe, ça tombe,
Bing, ça tombe à l’eau.

Le voile se déchire

Ci-gît la nuit en
Son hiver, et la lumière
Erode sa ponce.

Mon destin d’anchois

Comme lui,
Je naquis,
Enroulé
Tel un filet
Autour d’une câpre.

Comme lui,
Je mourrai,
Allongé,
Mon front
Baigné
De la meilleure
Huile,
Chrême
Des chrêmes,
Olive.
Ou arachide.

L’éternité, à la longue

Le jour où les femmes cesseront d’enfanter.
Où nous regarderons la terre se vider.
Dieu sera seul.
Pauvre diable.

Gull wing

Capturé.
Non.
Je me suis laissé attraper.
Que savez-vous de la steppe.
Je suis de l’autre côté.
Du côté de vos chats.
De leur poil lustré.
De leurs griffes à ras.
Du côté des repas.
Et je vous regarde.
J’ouvre la gueule.
Je tends une patte
Que j’agite sous votre nez.
Devant moi.
Planté régulier.
Un bosquet.
Ses troncs rectilignes.
L’acier de son bois.
Je suis allongé.
Je vois des pieds.
Je flaire des roues.
De la chair en poussette,
De l’enfant de gibier.
Je ne regrette rien.
Troc de savane.
Mon instinct
Contre du vin,
Des viandes sèches.
Du maigre non faisandé.
Des poulets grêles
Contre de la carne
De gazelle.
Mon ventre est plein.
Je peux rêver.
La savane est belle.
La savane est loin.
Quand on n’a pas faim.