Rémus
Le fauve arrivait
Toujours à la même heure, quand
Le soleil se couche.
Elle lui présentait
Sur sa main en coupe un sein.
Une mise en bouche.
Le fauve arrivait
Toujours à la même heure, quand
Le soleil se couche.
Elle lui présentait
Sur sa main en coupe un sein.
Une mise en bouche.
Je suis un animal
Qui vient boire
A la nuit
Son eau.
Pas une mare
Mais un puit.
Je suis un animal
Et j’ai appris
A remonter
Le seau.
Et il y a
Un homme
Qui me nourrit.
Tout est bon
Et j’aime
Avoir faim.
Je suis un animal,
Mais il me parle
Et j’écoute
Quand il pèle
Comme une orange
Un quartier
De musique,
Sa lecture coupée
En tranche.
Et tous les jours
Je me rassasie.
Et j’attends
Demain.
J’aime avoir faim.
Si j’étais une femme,
A l’étroit,
Au coin,
A l’équerre
De vos bras,
Si j’étais une femme,
Je ne dirais
Pas cela,
Je vous sortirais
De votre encoignure,
Et vos bras,
Votre voilure,
Comme des draps,
J’étendrais.
Bure marron et
Coton molleton, d’un moine
L’isoloir, d’un homme
Le confessionnal,
Cloître d’étoffe d’où s’élèvent
Mots dits et prières.
La nuit, son râteau
Qui peigne le gravier du
Silence. Jardin noir.
Bestiole, amibe, au
Microscope, l’impertinente
Vous tire la langue.
Penser qu’une porte
Puisse pousser dans la brique d’un
Mur. Fleur de fumier.
Kimberlite à la
Dynamite, sous la gangue, le
Noyau d’une voix.
Elie m’a dit que
Tu porterais ton duffle
Coat. Ton beau linceul.
Retourner à la
Souille de départ, ses entrailles,
Sa bile de terre noire.
Longtemps tu n’as pas
Eté morte, la pierre noire,
Vide d’un prénom.
Violette
Tu étais devant
Moi. Elle ne me voyait pas.
Ta nièce, Agnès. Toi.
Je vous ai laissée
Mourir sans vous revoir, je
N’ai rien su vous dire.
Elie, Vincent et
Christiane et Marie sont là.
Je suis morte pour eux.