ce que vos yeux vairons

Mois : mars, 2017

Une araignée

Nul mot pour dire la
Finesse de sa toile, un doigt
Pour la déchirer.

Sans respirer

S’allonger.
En rez
D’une fougère.
Compter
Les temps
Très lents,
Battements
De sa crosse
Qui déroule
Sa cochlée
Et libère,
Captives
De ses ramures,
Les billes
De verre
De la rosée.

Bist du bei mir

Forêts de Thuringe.
Vos verts. Les sombres, les clairs.
Da wachst ein Bruder.

Back to Bach

Un, deux, trois, tous les
Oiseaux, mêlée des chants, et
L’ison d’un moineau.

Physalis

Là haut,
Au milieu
De l’arbre,
Entre
Les branches,
Une suspension
D’ajoncs.
Le soleil
Qui monte
Parfois
S’y repose.
Et de la cage
Qui luit,
Fuit
Une lumière,
Le rayon
Du chant
D’un oiseau.

Division de la cellule

Les grains noirs.
Du chapelet.
De l’abaque.
Les doigts du moine.
Ora et labora.

Tablotin

Ce n’est pas
Une photographie.
C’est un tableau
Qui revient à la vie.
La pluie tombe.
Le tableau.
Lavé à grande eau.
Au loin,
Dans le coin droit,
Le soleil,
Qui réchauffe
La toile,
Et sèche
La gouache détrempée.
Sur le rebord
Du cadre,
Tout en bas,
L’herbe pousse.
S’allonger sur
Ses verts tendres.
Entrer.
Sans frapper,
Il n’y a pas de porte.
Sur la photo,
C’est le printemps
Qui éclot.

L’élégance discrète.
De celui qui s’efface.
Qui laisse toute la place.

La consigne

Nous ne
Possédons
Rien.
Ce sont
Les gens,
Les âmes
Des petites
Choses
Qui se
Posent
Entre
Nos mains.

La déambulation

Les pas
De la promenade,
Qui s’inscrivent.
Dans
La poussière
Du chemin,
Leurs traces,
Autour
De la glaise
Où poussent
Les roseaux.
L’étang,

Tourne
Tous les jours
Le même homme
Solitaire,
Derviche
Qui prend
Dans le filet
De ses voltes
Silencieuses,
L’antienne
D’un foulque.
Tous les jours,
Les mêmes pas,
Autour
D’un même chant.
Ses grincements.
Kow, kow, kow.