ce que vos yeux vairons

Mois : mars, 2017

La canne

Le poisson
Qui avait
Peur
De la mer,
Enclos
D’un scaphandre,
Sa vierge
De fer,
Aveugle
En
Son bocal,
Se cogne
A
Ses arêtes.
Il est seul,
Sans
L’auxiliaire
D’un pilote.

Lunettes de plongée

Les mots,
Leur eau
Qui trouve
Un chemin,
Qui creuse
Une rigole.
Rupture
Du barrage.
Une main
Sur sa paume
En recueille
L’écume.
En humer
La rosée.
Lire
Les cernes
Laissés
Par ses runes.

Faire corps. Vercors

Pour vous, peut-être,
Le jour comme un autre,
Où je me suis décidé
A n’aître.

Siméon

Au désert,
Où sont
Chapelles
A ciel
Ouvert,
Où poussa
Un fol
Sur son cierge
De pierre,
Les jardins
Sont
Vides.
Les hommes.
Leur houle
S’est retirée.
Le vent
Ne soulève
Plus que
Des nuages
De sable.
L’encens
S’en est
Allé.
Les colonnes
Se descellent,
Et tombent.
Sur l’église
Décharnée,
L’ombre
D’un euphorbe
Solitaire.
Chandelier
Silencieux,
Qui se tord
Vers les cieux
En une couronne
D’épines.

Sur mes cimaises, un tableau de la galerie Arbrealettres

Je n’invente rien. Mes histoires et mes mots sont les mêmes que les tiens. Simplement, je les assemble de telle sorte qu’ils puissent de surprendre. Si tu ne vois pas tout à fait ce que je vois, ça n’a pas d’importance : l’essentiel est que ton regard invente autre chose, que mes objets, mes arbres, […]

via Je n’invente rien (Christian da Silva) — Arbrealettres

Le daim d’une peau

Brandie
Vers
Le soleil,
Comme
Un étendard,
Une main.
En son bout,
L’éventail
Des doigts
Qui s’écarquillent,
Le paravent
D’un poing,
Moucharabieh
Contre ses feux.
Lui laisser
Le temps.
De poser
Sur un bras,
D’une flétrissure,
L’ombre
Et l’émail.
Son sceau
Rougi.
L’empreinte
De sa brûlure.

Degré à degré, l’échelle

Mars,
Le mois
Gros,
Son coeur
De bête
Gestante.

Mars,
Du gel
Au
Bout
Des doigts,
Et le soleil
Reverdit.

Mars,
Quand
La neige,
Une eau
Qui a
Pris froid,
Retombe
En pluie.

Mars,
L’hiver
Esseulé,
Par un torrent
Emporté
Jusqu’en
Son estuaire.
Linceul
Du printemps.

Pierre

Tu fus
Lave,
Avant
Ton jugement
Dernier.
Condamnée
Pour n’avoir
Pas
Assez
Aimé.

Les feux

Il y avait ce
Rien, les sommes de tout petits
Riens. Des bouts de pain.

Des yeux posés dans
Des trous, coudes pointus comme
Des clous. Chair sans gras.

Autour, il y eut
Des printemps, et l’été et
Des soleils levants.

Autour, des prés et
L’odeur de l’herbe coupée.
Autour du néant.

Les volets

Au réveil dans la
Nuit, écouter la pluie, se
Calme la chamade.

Rejet de la greffe,
La nuit ne veut pas de moi,
Je ne sombre pas.