ce que vos yeux vairons

Mois : mars, 2017

Mon destin de mot tu

Une forteresse vide
D’où rien ne sourd, le néant
Ne fait pas de bruit.

Découvert sur une étagère d’Arbrealettres

La terre est faite de ciel. Le mensonge n’a pas de nid. Jamais personne ne s’est perdu. Tout est vérité, et chemin. (Fernando Pessoa)

via La terre est faite de ciel (Fernando Pessoa) — Arbrealettres

Mon destin d’

Arbre tout petit,
Bonsaï qui enfin s’enfeuille,
L’hiver est fini.

Bonsaï qui attend
En son printemps tout petit
Que se pose sur

Ses branches un oiseau
Transparent. Pépiements sans
Poids sur ses ramures.

Mon destin d’îlot

Sans terre entourée
D’eau, juste fermer les yeux.
Le monde s’éloigne.

Mon destin de feuille morte

N’écrivez plus à
Mon cuir brun, j’appartiens à
L’arbre du passé.

Mon destin de chaussette dépareillée

J’ai fait l’affaire un
Temps avec ma paire. Elle m’a
Jetée au panier.

Mon destin de vie de chien

Je suis un chien à l’abandon.
J’écris à mon maître
Pour qu’il vienne me chercher.
J’attends depuis des années
A l’endroit où il m’a laissé.
Je n’ai pas bougé.
Je lui écris de belles lettres.
Je n’aboie pas.
Il n’aimerait pas ça.
Je lui écris
Parce qu’il aime
Qu’on lui raconte des histoires.
Et les miennes sont belles
Mais il ne les entend pas.
Je pourrais marcher
Sur la tête,
Mais il ne me voit pas.
J’attends au même endroit,
Et tous les matins,
J’y crois.
Un jour, une voiture
Fera une embardée.
Ce ne sera pas lui.
Peut-être pourra-t-elle
M’écraser.
Pour que j’oublie.

Mon destin de goutte de pluie

Le nez écrasé
Contre la vitre, je glisse
Et je vous regarde.