ce que vos yeux vairons

Mois : avril, 2017

Ici

Boches,
Kabyles,
Macaronis.
Le dimanche,
Pastaciutta
Et makowiecz,
Les vieux
Parlaient
Un peu
De tout,
Surtout
De rien.
Le français,
C’était le lien.
La langue du haut.
Ma grand-mère
Est venue
De Lombardie,
Au pays
Des Schleus.
Elle n’était
D’aucune langue.
Comme nous tous,
Ici.

Mon pays

Où l’on passe, où l’on
Ne s’arrête jamais, ça
Fait peur, noir de crasse.

Chez moi

Nos cathédrales aux
Enfers, leurs servants noirs
Des soutiers. Nos pères.

Linseul

Etes-vous comme ce
Tissu, avec un accroc,
Une déchirure.

Tracer

C’est sur la frange
De sable mouillé qu’il faut
Inlassablement.

Jour de fête

Ecrire une petite
Cartomancie dans le marc
De café. Fly high.

Haut les mains

Hisser le drapeau
Blanc de deux paumes, paraphe
Du soleil pour la paix.

Tourner la tête

Je vis de l’autre
Côté de l’horizon, là
Où la terre devrait

Se courber à vos
Pieds, et ne fait qu’avaler
Votre souvenir.

Contes à rebours

A la mémoire des
Chemins qui s’écartent des
Grand-routes, leurs transfuges.

Les décombres

Les maisons éventrées,
Vidées comme des poissons,
Il n’y a plus de fenêtres,
Juste des bouches
Aux dents éclatées,
Le verre, ses crocs aigus
Où s’accrochent
Les viscères des rideaux,
Et les rires qui grincent, déments,
Venus du fond des gens.