Bergeron

par marronbleu

Mon oncle avait fini par me mettre au tri, il était soulagé, et moi aussi. Les paniers d’osier étaient lourds, Dressi m’aidait, il remplissait mon panier, en plus du sien, il avait la cadence, Dressi, le chibani.  Il m’aimait bien, je crois, il parlait peu, il ne savait pas bien parler, mais il savait tout des abricots. Avec lui, j’appris à choisir les plus mûrs, ceux qui devaient partir à la confiture, ceux qui ne faisaient pas mal au ventre, à force d’en trop manger. Le soir, Dressi rentrait chez lui, il ne restait pas avec nous sous le grand platane, à dévorer tout ce qui nous tombait sous la dent. On avait faim de viande, de choses chaudes.  Il y avait là du vin, le soir qui tombait, et l’odeur chauffée de la lavande dans les champs. Deek s’est installé de l’autre côté de la table. Il est juste en face de moi.