ce que vos yeux vairons

Mois : juillet, 2017

Abri de la Madeleine

Le vase canope est

Vide, dans le vallon ombré,

Le scribe. Il attend.

En courrier lent

« Dans la ville, où j’entendais la cloche du tramway sonner plus souvent que celle des  églises », ainsi débutait la lettre. C’était il y a si loin maintenant. Ne pas écrire il y a longtemps, le temps ne lui avait pas paru long, la respiration d’un poing qui se contracte comme un muscle. L’écouter, ce coeur qui bat, on se croirait dans un train, bam, bambam, le même rythme. La mesure de la distance, c’est facile, il y a toutes les échelles du monde pour cela, des coudées, des pieds, des mètres, mais le temps. Rien pour le compartimenter, le démembrer en lamelles, quand il vous revient dans la figure, c’est tout d’un bloc, du poing qui vous choque la mâchoire, on ne compte pas les doigts, un, deux, trois, on n’essaie même pas d’esquiver la main, on se laisse prendre sans compter. Se souvenir en entier.

Un livre et des poussières

Je suis le trou, où,

La pièce manquante, le viscère

Fantôme qui me hante.

La broigne

Se tanner à la

Fièvre, à la rage, ne plus

S’en laisser conter.

dplg

L’ébrécher, l’homme à

Moitié, qui achète sur

Plan une maison vide.

Chambre stérile

Je vis votre vit,

Pal, sous un rayon de lune,

Deux lames d’argent.

Zum Wohl

De mes mains sales de

Cigarettes, je me caresse,

A votre santé.

Lu

Qui sait, éprouvé,

Consulter Dieu, ses saints et

Tous ses bienheureux.

En bonne et due forme

Je soussignée, moi,

Page blanche, déclare n’avoir

Rien à déclarer.

 

 

« Chroniques martiennes »

Dans l’anse aux Meadows,

La mer bleue s’ensemence du

Sang des limules.