Reine d’un soir
par marronbleu
La nuit tombe sur le vallon comme une pierre. Tout s’obscurcit, le jour bat en retraite, sous les arbres, quelques restes de lumière, un soir pâli, bientôt souillé de suie, comme un animal pris dans le sillage d’une seiche, et de ses jets d’encre.
Loin au-dessus des sapins, un jour aminci, rose, puis gris, puis la lutte prend fin.
La nuit étend son empire, son manteau de sacre noir.
… et pas seulement d’un : tous les soirs, cela recommence.
En été, la nuit et le jour ne sont pas en opposition. Tout se fond. Sans heurt.
Entre combattre et aimer, il n’y a parfois que l’intention qui diffère…
On combat parfois, faute d’ être aimé, parce que c’est peut-être la seule façon d’émouvoir l’objet de son désir.