ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2017

Une araignée

Son menton tremble,
Sa mantille, traversée par
Le vent, un monarque.

Quoi d’autre, qui nous sépare

Entre le ciel et
Là, à peine la membrane
D’un volet. Une peau.

 

 

 

 

 

 

Le vieil homme

Abandonné dans
L’allée, le caddy, dedans,
Trois fois rien, une vie.

Scriptorium

Syrah, prune, airelle,
Indélébile, elle, l’encre
Des fruits. Marque-doigt.

Noyau

Une amande. Son coeur,
Amer, aussi, quelquefois.
Son acide prussique.

La rencontre

Le buisson de fleurs.
J’y vois déjà un bouquet,
Sans voir le buisson.

Le soliflore

L’île. Son rivage de
Verre où a fait naufrage
La fleur. Rosinsonne.

Guerre et paix

« Le fou, la reine est belle, mon peuple est heureux » dit le roi à son fou.
« Mais tu t’ ennuies, c’est le paradis. Console-toi, Dieu s’ ennuie bien plus que toi. Son fou l’a quitté. Il est descendu sur terre » répond le fou à son roi.

Mariage de raison

« Le fou, il me faut prendre reine. Quel serait ton choix ? » demande le roi à son fou.
« La soeur de l’élue de ton coeur » répond le fou à son roi.

Langue de bois

« Je vais changer de fou, tu n’es plus assez impertinent » dit le roi à son fou.
« Vieux fou » répond le fou à son roi.