ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2017

Haïku à l’index

Grand comme un dé à
Coudre, piquez le au bout
De votre doigt. Là.

Eau ciel

L’oiseau, le miroir,
Le ciel, l’oiseau, posé sur
L’eau, son tain. Bleu Klein.

Néant, néan, néa, né, néander.

Nommer ce qui n’est,
Quel nom de baptême, rien, te
Donner. Rien pour à

Ton front s’accrocher,
Ni chrême, ni main, le papier
T’avale. Point final.

Miserere

Des deux côtés,
Les plateaux
A porter,
Les bras
En croix,
Un pauvre
Fléau.

L’abbatiale, Saint-Riquier

A main gauche,
Il y a encore
La mer,
Et là,
Se tenant
Toute droite,
Un phare.

Reliquaire, reliquat

Fixer le temps dans un pli du papier, conjurer l’encre de ne pas s’effacer.

Une montre à complication

Feuilletage des
Tourbillons, des rouages. Et
Le temps, dans tout ça.

 

Menuiserie

Sous un rabot, des
Épluchures de peaux fanées,
Cendre en copeaux.

 

Haïku isocèle

Je tourne en rond, un
Continent mystérieux, et
Ses angles saillants.

Pour un sourd

Bam, le soc, la pioche,
Dans la glaise lourde, tout ce
Qui fend, je bêche.