Le verger
par marronbleu
Une forêt ordonnée.
Corsetée.
Des fûts, posés sur un échiquier.
Une section des bois, comme dans un orchestre.
Par le quadrillage des allées, un air saturé.
Des arias somptueuses, l’odeur échevelée de la cox orange.
La bure grise d’une reinette, ses laudes murmurées.
Un tapis de haute lisse, où se mêlent, fil de trame, fil de chaîne, le musc à sa soeur la plus modeste.
Alors je pense à mon cognassier.
Mein Quittenbaum.
Libre de tout.
De ne pas être beau.
De ne pas être taillé au cordeau.
De ne sentir rien.
De partir de mon jardin.
Il ne tient qu’à ses racines.
De me quitter.
Peut-être pas.
non non
restera
dans son
coin
Avec un bonnet d’âne.